Terry Callier, Hidden Conversations : Ovni soul, blues, folk, trip hop

Publié le par Orbeat

Attention, Ovni. Voilà de la bonne musique. Si vous êtes en manque de nouvelles sensations auditives Terry Callier est peut-être votre remède. L’intro mystique donne le ton. Celui que son label en France (Because) qualifi e de ‘‘légende de la soul / folk / Jazz’’ revient sur un album produit avec Massive Attack, les princes anglais du trip hop*. Callier est un ancien qui débute sa carrière au début des années 60 alors qu’il n’a que 17 ans. Si la teneur de l’album à quelques côtés ‘‘complexes’’, le mélange des genres n’a rien d’étonnant quand on sait que ce musicien hors normes a grandi à Chicago, l’autre ville du blues, non loin de Détroit, encore une capitale de la musique où sont nées la techno et la musique électro. Callier c’est une voix. Un timbre particulier, à la fois grave et hyper sensible dans les aigus. Une sensibilité qui le rapproche parfois des tendres ambiances d’Isley Brothers sur les titres les plus légers. Mais Callier est surtout un doux dingue. Il profi te d’arrangements parfois électroniques, parfois acoustiques, mais toujours mystiques. A la touche Massive Attack il ajoute son sens du malaise. Tous les moyens sont bons, envolées de voix, scat** à la limite du Vodoo. Terry offre du chant au bord des pleurs, à la limite de la crise de nerfs. Même le spoken word, cette branche du rap parlé fait partie de la panoplie. Outre les titres ‘‘Once I dreamed of Heaven’’ et ‘‘Sunset boulevard’’ qui méritent une mention spéciale, à noter un hommage ému à John Lee Hocker, le bluesman du Mississipi immigré ensuite à Détroit. Des lignes de guitare inquiétantes, presque dérangeantes. Un régal de créativité, capable de vous mettre mal à l’aise avant de vous faire décoller de colère. Comme si les arrangements de ce blues revisité n’étaient plus simplement dédiés à la peine, mais aussi aux sueurs froides que peuvent vous fi ler les rues sombres et ultras chaudes de Chicago, cette capitale du crime et des complaintes musicales. On ne sort pas indemne d’une heure avec Callier.

mBz

Publié dans Zoom sur

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