Les gachettes de Streetskillz sur une mixtape calibrée…

Publié le par Orbeat

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Rencontre avec Mistral (La Swija), Mino, Brigante et Machiavel (Révolution Urbaine), dans les studios du label phare du hip-hop marseillais.

sopra.JPGRare sont les labels de rap marseillais qui parviennent à s’inscrire dans la durée…En fait, ils ne sont que deux. La Cosca, d’Akhenaton, et…Streetskillz, du psy Soprano. Hormis la figure de proue des Psy 4, on y retrouve Mino, Carpe Diem, La Swija, et la jeune garde du centre-ville, Révolution Urbaine. Pour la première fois, le label phocéen a regroupé ses gachettes sur une même mixtape, sous l’égide de Dj Mej, à qui l’on doit déjà Les mains pleines de ciment et la série des Block Life. Combinaisons inédites sur des productions lourdes, des mc’s qui croisent leurs éxpériences et leurs compétences, le mélange prend vite.

laswija.JPGMission réussie pour un projet réalisé en une poignée de semaines. « Les groupes du label ont tous des univers différents, ce projet nous a permis de nous aérer, de partager d’autres choses, et surtout d’être à l’écoute du style de l’autre. On y a tous gagné quelque chose, et ça se ressent. On a placé la barre le plus haut possible sur nos couplets, on a tenté des choses, exploré des flows », explique Mistral, de la Swija. « Nous sommes tous en train de préparer nos albums respectifs, ça fait une petite coupure, et c’est profitable… » ajoute-t-il. C’est le cas de Mino, qui vient de boucler la préparation de son solo, avec Medeline, à Paris. Ce qui ne l’a pas empêché de poser l’excellent "Un jour comme les autres", morceau ou il laisse parler ses démons (« Un couplet pour la gloire, un couplet pour mon loyer »). « Je me suis longtemps posé la question : dois-je faire le choix entre un travail posé, une vie stable, et être un mc à part entière? Ce morceau témoigne de mes inquiétudes, de mes tiraillements. » lâche celui qui sortira son opus solo à la fin de l’année.

revourb1.JPGAutre bonne surprise du projet, l’émancipation de Makiavel et Brigante, de Révolution Urbaine, qui prennerevourb2.JPGnt là leurs responsabilités. Les derniers nés du label frappent fort, vont plus loin dans les textes, et varient les flows…L’âge de la maturité semble enfin arrivé avec cette mixtape. « C’est vrai…Du temps s’est écoulé entre notre premier street album L’histoire ne fait que commencer, et ce projet commun. On a fait des scènes, des tournées promos, passé du temps en studio, logiquement, on a plus d’expérience. Nous avons une autre vision de la musique » estiment les deux artistes, t-shirt "Wesh La Famille" de rigueur sur les épaules.

Si les artistes ont allié leurs différences, les morceaux se ressemblent de par leur caractère égotrip. Volontairement, selon les mc’s. « C’est un projet spontané, fait sur un laps de temps très court, d’où les lyrics égotrip. Ce n’est pas un album, nous n’avons pas forcément eu le temps d’élaborer des histoires, des concepts. » estime Mistral, qui sur le track On s’envole, s’est essayé au reggae avec Brigante.

 

Le point sur le hip-hop phocéen

carpediemLors de la présentation de la mixtape Streetskillz, les mc’s présents ont dressé un état des lieux du rap marseillais, qui côté sorties se porte plutôt bien, avec Alonzo, Puissance Nord, l’Algérino, Sat. Sans compter que les solos de Sopra, Shurik’N et le Rat Luciano sont annoncés sous peu.. «Il y a de l’actualité, ça bouge, on montre qu’on est là…Après, le public n’est plus le même qu’a l’époque d’IAM, il n’écoute plus la musique de la même façon. A part quelques irréductibles qui sont à fond dans la culture hip-hop, beaucoup ne savent même pas qui est Nas ou Busta Rhymes » explique Mistral. « Le concert de Bone Thugs N Harmony a  même été annulé, car il n’y avait pas assez de billets vendus. C’est quand même grave…On est plus dans une ville électro ou pop-rock que rap. A nous de changer la donne », lance Makiavel, réaliste.

Avec cette mixtape, Streetskillz montre qu’il en a largement les moyens. Des mc’s affûtés, prêt à inonder les bacs courant 2010 (Mino, Soprano), début 2011 (Carpe Diem, Révolution Urbaine, La Swija). A suivre…              Lionel Modrzyk

 

 

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La sélection Orbeat:

"Un jour comme les autres", pour la franchise et le froid réalisme de Mino.

"Fais le bon", pour la technique hors-pair de Redk, et la dérision de Diego Moltissanti.

"Ma parole", pour son refrain chanté efficace, sa prod mélancolique, et la prestation de Mistral.

"Blablabla", pour une avalanche de flows signée Mino et La Swija.

"Hier, aujourd’hui, demain", pour la progression de Révolution Urbaine.

"Des nuages de Massilia", pour l’envers du décor de La Swija, qui montre l’envers du décor marseillais.

Publié dans Zoom sur

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