Orelsan : « Je ne serais pas crédible si je me prenais au sérieux »

Publié le par Orbeat

A lui seul Orelsan s’est chargé de choquer les cyber-tourtereaux et de faire perdre quelques kilos aux programmateurs de festivals. Une belle polémique pour un joli coup de pub ? C’est sûr aujourd’hui le nom d’Orelsan est sur toutes les lèvres du microcosme hip-hop. Sans doute sommes-nous tous comme lui, des ados un peu attardés.

Orbeat : “Saint-Valentin” et “Sale Pute” ont suscité quelques vives réactions… comment t’en défends-tu ?
Orelsan : Effectivement, les deux premières vidéos étaient assez trashs. Je suis conscient qu’un titre comme “Sale Pute“ puisse heurter. Il faut dire que le net est un support qui convenait bien à ces deux titres. De toute façon, les internautes voient des trucs dix fois pires que ça. Pour “Saint Valentin”, on a créé mon Myspace une semaine avant le 14 février. On a filmé la vidéo vite fait. Le buzz et les réactions que cela a entraîné, c’est juste un concours de circonstance. Pour tout le monde, la Saint Valentin, c’est un truc hyper pompeux et bien casse-couille. Je voulais juste  aller au fond des choses pour tourner tout ça en dérision.

Orbeat : Tu peux nous expliquer tes débuts dans le hip-hop ?
Orelsan : J’ai débuté le rap il y a dix ans. J’ai commencé dans mon coin, avec mon pote Gringe. On faisait partie du groupe Casseurs Flowters (pour ceux qui ont vu « Maman j’ai raté l’avion »). On a fait quelques émissions de radio et quelques petites scènes. Et puis en 2000, j’ai rencontré Skread (également beatmaker pour Booba, Diam’s, Sinik, Rohff… Ndr). Au départ, l’idée était de faire un duo de producteurs. Mais puisqu’il a progressé beaucoup plus vite que moi, il est devenu mon beatmaker et mon producteur.

Orbeat : Tu fais preuve de beaucoup d’humour et d’autodérision. C’est plutôt rare dans le hip-hop. Tu n’as pas peur pour ta crédibilité ?
Orelsan : De la crédibilité dans milieu du hip-hop, de toute façon je n’en ai pas et ça ne m’intéresse pas. Par contre, la crédibilité musicale, je pense qu’elle s’acquiert quand on fait des trucs sincères et honnêtes. Moi, je parle juste de ce que je connais, de ma vie, de mes potes. A mon avis, je ne serais pas crédible si je me prenais au sérieux, si je me prenais pour un gangster ou n’importe quel autre truc qui ne me ressemble pas. Pour l’instant, aucun rappeur ne m’a taclé. Peut-être parce que je ne suis pas encore assez connu pour ça…

Orbeat : Tu as été déprogrammé sur pas mal de dates. Pour ceux qui n’ont jamais eu la chance de voir un de tes shows, Orelsan sur scène, ça donne quoi?
Orelsan : C’est le mélange d’un spectacle de fin d’année, d’une comédie musicale et d’un concert de rap. On a pas mal bossé sur la mise en scène. On retrouve à peu près tous les délires des clips. Il y a Gringe et d’autres MCs. Le lapin est là lui aussi.

Propos recueillis par Timothée Blit

Publié dans Interviews

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