Dialogue de générations from Mars : Révolution Urbaine et K-Rhyme le Roi

Publié le par Orbeat


Révolution Urbaine représente la relève marseillaise. Signés chez StreetKillz (le label de Sopra), Zino, Brigante, et Makiavel viennent de sortir leur 1er street album  « L’Histoire ne fait que commencer ». Leur mentor depuis l’adolescence n’est autre que K-Rhyme Le Roi, pilier du HH phocéen. Orbeat vous propose un entretien intergénérationnel qui fleure bon le bitume du centre-ville marseillais.

 

Orbeat : Parlez-nous de vos premiers souvenirs « rapologiques »?
Zino : La claque c’est « Métèque et Mat », d’Akh, c’est mon frère qui m’a passé le cd. La FF aussi… Perso je n’écoutais quasiment que du rap marseillais.
Brigante : Moi c’est « l’Ecole du Micro d’Argent », mais j’écoutais aussi Secteur A, la Cliqua, Lunatic, NTM…
K-Rhyme Le Roi : Pour ma part je suis venu au hip hop par le funk, avec mon grand frère. Je suis devenu fou en écoutant SugarHill Gang, Afrika Bambaataa, Rakim. Mais j’ai commencé par la danse avant de rapper.

Or : K-Rhyme dit souvent que les jeunes ne connaîtront plus de période comme Marseille en a connu à la fin des années 90…
K-R Le Roi : Il y avait tout à créer... Dans les années 80, on partait à radio Grenouille pour enregistrer des morceaux, un pote restait chez lui pour nous enregistrer sur un poste-cassette. Après le succès du rap marseillais à la fin des années 90, les maisons de disques disaient « banco » pour tout ce qu’on faisait. Mais c’était de la qualité.
Brigante : Nous étions gamins à cette époque… Pour moi, le rap en France a commencé à Marseille. IAM était ultra-exposé, ce qui venait d’ici cartonnait. Les mentalités ont changé, maintenant c’est clash, youtube, bling… Avant, un mec qui ne savait pas « frapper » avait peur de prendre le micro. A présent, les plus bidons ne se gênent plus.

Vous êtes tous issus du centre-ville, qui comme le rap, a bien changé au fil des ans…
K-Rhyme : A l’époque c’était un enchevêtrement de petites rues mal éclairées, reliant Noailles à Belsunce. Il y avait des tripots, des hôtels de passes dans chaque ruelle. C’était chaud, surtout quand la drogue a commencé à faire des ravages. Il ne faisait pas bon traîner.
Zino : La politique de la ville tend vers la modernisation du centre, pour faire une sorte de Croisette, en virant les immigrés qui ont fait l’histoire de Marseille. Seuls quelques quartiers subsistent mais ça ne va pas durer. Le plus triste, c’est que les habitants ont l’air résigné.

                                                                                                  Propos recueillis par L.M

Révolution Urbaine, « L’histoire ne fait que commencer », Streetskillz.
K-Rhyme Le Roi, « L’Agent Dormant » attendu pour septembre 2009.

Publié dans Interviews

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