Critique : Notorious, le BIG film

Publié le par Orbeat

exclu du magazine Orbeat disponible le 13 juillet

 A VOIR EN ANGLAIS...

  Avant de pénétrer dans la salle obscure on l’avoue, on respire un grand coup en croisant les doigts, pourvu qu’ils ne nous massacrent pas le « baryton de Brooklyn »…. Certes, la courte vie de Notorious, tumultueuse et talentueuse a tout de la tragédie a faire buzzer les princes de la biographie hollywoodienne, mais nous délivrer douze ans après sa mort un nouveau Biggie, alors que l’authentique reste encore dans toutes les mémoires relevait du projet casse-gueule. Verdict ? On tombe un peu des nues, l’interprétation de Jamal Woolard est sidérante, Biggie est là, le physique, le timbre, le flow, la gestuelle, l’attitude… Le personnage coule dans ses veines, du Christopher paumé au Biggie-star. On le croît volontiers quand l’acteur accorde avoir beaucoup travaillé. L’ambiance de Brooklyn des années 80 est parfaite, la bande son résonne comme une évidence, les costumes sont millimétrés. En atteste la scène du « corner feeestyle battle » où à 17 ans, il éteint tout le quartier en deux couplets (le film met en scène un clash entre DJ Premier –en interview page 12- et Biggie).  

  Mais ne vous attendez pas à assister à la résolution du mystère sur sa mort. Le film s’attache à retracer la remarquable ascension de Christopher Wallace (le vrai nom de Biggie). Le temps d’un film on passe du gamin de Brooklyn, obèse et complexé, au statut de légende du hip hop. Comprendre comment tout s’est enchainé, pour celui qui avait tout pour perdre. Gros, moche, pauvre, dealer…. La camera de George Tillman Jr. batifole autant avec l’atmosphère hip hop des premiers showcases et des sous terrains d’enregistrement qu’avec la grandeur des studios de Puff et des boites de nuit de LA, où Biggie déambule en tenue de prince. Mais c’est surtout une camera qui arrive à nous tirer la larme à l’œil lorsqu’elle évoque la relation entre un fils et sa mère (Angel Bassett, époustouflante dans son rôle de mère). Ce lien, présent tout au long du film, est d’une grande intensité et nous apprend qu’avant d’être le roi du hiphop, Biggie est le fils respectueux de sa mère. Une anecdote d’autant plus émouvante quand on sait que le rôle de Biggie lorsqu’il n’est qu’un enfant dans les jupes de sa mère est joué… Par le vrai fils de Biggie.

 La complexité de ses relations amoureuses et ses interrogations sur la paternité, les difficultés de production de son premier album avec Puff encore jeune entrepreneur, ses relations avec le milieu et la reconnaissance soudaine de son talent, tout y est. Deux heures et 24 ans d’une existence fiévreuse et rocambolesque. Le film ne s’en sort pas trop mal lorsqu’il s’agit d’aborder l’entourage de Christopher Wallace, pour beaucoup, aujourd’hui, élevé au rang de patrimoine du hip-hop : Tupac, Puff, Suge Knight, Lil Kim, Faith Evans… Une mention particulière pour les rôles féminins de Lil Kim et Faith Evans. Dialogues efficaces lorsqu’un  fan l’accoste « merci d’avoir mis les gros à la mode ! », scènes de sexes franches avec Lil Kim, enregistrements en studio hyper réalistes… Quelques passages bien sentis, qui nous font croire que Notorious B.I.G. est un grand film. Un biopic percutant, aux vérités crues et urbaines, comme les paroles de son protagoniste.

Alexandre Bol
La playlist spéciale Biggie par DJ Number Six

Publié dans Chroniques

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GeeMoney36 17/07/2009 13:22

Je l'ai vu ya pas longtemps en VOST, j'ai bien aimé ... ca ma donné envie de me refaire toute sa disco...

yacine_ 14/07/2009 14:14

Perso j'ai bcp aimé maté le film même si je ne me fais pas d'illusion sur sa qualité intrinsèque!