T-Love: One In A Million

Publié le par Orbeat

En quinze ans de carrière, T-Love a vécu du rap, l’a commenté et même analysé. Son dernier album “Long Way Up : The Basement Tapes" est son adieu au monde du rap business, où elle compile sa vie de touche-à-tout en vingt et une pistes percutantes.

 L’air de rien, le regard pétillant, le bonnet vissé sur la tête, T-Love est une activiste hip-hop pur jus. Tour à tour MC, journaliste, animatrice radio et businesswoman, elle fonde son label Pickininny en 1998 et sort son premier EP « Return Of The B-Girl ». Puis, elle lance un groupe nommé Jurassic 5. Tout de même ! Par ailleurs organisatrice de concerts, éditrice, auteur, elle découvre les ficelles du rap business entre 1988 et 2004. Echaudée par une embrouille avec Capitol Records en 1993 qui lui pique ses droits d’auteur, écœurée par le sexisme et la violence ordinaire qui entoure le rap aux Etats-Unis, T-Love quitte L.A : « Je veux que ça soit imprimé noir sur blanc ! La violence sous n’importe quelle forme tue le hip-hop, il faut y mettre un terme ou il finira bien par mourir. »
  T-Love part pour Londres et fait la connaissance d’Ollie Teeba d’Herbaliser, de Ninja Tunes… une nouvelle famille en somme, ce qui lui manquait Outre-Atlantique. « Long Way Back » en 2003 la révèle aux yeux d’un public de connaisseurs. Car T-Love c’est un style et une attitude à contre-courant de ce que l’on attend d’ordinaire d’une rappeuse : « J’étais fatiguée de ce milieu, de la violence qui y règne et qui me fait honte », lâche-t-elle de but en blanc, « aujourd’hui, pour une femme qui rappe et qui veut gagner sa vie, il vaut mieux ressembler à Lil’Kim ou Eve qu’à Queen Latifah ou Bahamadia… J’ai un enfant maintenant, je veux qu’il soit fier de moi et de ce que je fais. Je me vois mal lui montrer un CD de moi où je pose à poil sur la jaquette (rires). Ça n’est pas moi et ne le sera jamais. »
  T-Love a plusieurs fois essayé de couper les ponts avec l'industrie du rap. Mais cette c'est certain, ç’en est bel et bien fini pour elle. Pour « Long Way Up » T-Love a exhumé vingt titres de sa réserve perso bien fournie, excluant d’office les samples grillés, les feats trop ronflants, tout ça pour le bonheur des mélomanes. Car ce « Long Way Up », ouaté, jazzy et old school se déguste tout en finesse et rassemble ce qu’elle a décidé de léguer au rap. Sur des productions hip-hop classiques ou teintées de nu soul, signées The Herbaliser, Beyond There ou DJ Lethal, on (re)découvre un flow généreux.
  Aussi incisif que mélodieux. “Definition Of A Yee Yee”, “Follow Me” et “Da Come Up” en témoignent. Mais l’album est aussi une transition, puisqu’il offre aussi un aperçu d’une nouvelle direction artistique : « Aujourd’hui, c’est clair que je chante plus que je rappe. Ce que je préfère, c’est le mélange des deux, comme sur « On My Mind». » Un mélange également perceptible sur “Take Control” et “Aromatherapy”, où sa voix chaude et veloutée est comparée à celles de Lauryn Hill ou encore d’Erykah Badu.
  La suite ? Un nouvel album, déjà nommé « Strong Enough » qu’elle enregistre actuellement avec entre autres Jazz Liberatorz, Hocus Pocus ou Ollie Teeba. Dans un avenir proche, on retrouvera sûrement T-Love à l’écriture de B.O, de textes pour d’autres artistes et surtout à celle d’un livre sur son histoire avec le hip-hop. Vu son vécu et sa façon de le raconter, on peut attendre ça de pied ferme. En attendant, soyez juste certains que son album « Long Way Up » est à classer tout en haut du panier !

Thomas Fédérici


Disco : Astralwerks / Pickininny /

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m$*^$fou 10/04/2009 15:10

Wé coco

coco 10/04/2009 14:17

Wé elle est vraiment pas mal !