Culture : Julien Beneyton "Acrylique sur rue"

Publié le par Orbeat

Sortir de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts et aimer le rap n’est pas incompatible. Julien Beneyton nous en fait la démonstration, à chaque toile, de manière bien personnelle.

‘‘ Vous n’aviez jamais vu de vert avant que Julien ne le peigne. Un rouge si vivant, au point où, blessés, ses tableaux saignent… ’’. Oxmo Puccino n’a pu résister à l’appel de la rime et de l’éloge. Quand un poète moderne rencontre un peintre fl amand du XXI ème siècle, la connivence tombe sous le sens. Même constat pour Jean Gab’1 qui s'est fait portraiturer sur sa ligne de métro favorite. Hé oui, Julien Benneyton a deux passions : l’art primitif flamand, et le hip-hop. Fascinations étonnantes lorsqu’on apprend que Julien expose dans les galeries de St Germain . Pour autant, il ne viendra jamais chercher la bénédiction du milieu élitiste contemporain. Trente ans et 3 expos, c’est sa reconnaissance à lui. Ce qu’il aime c’est la ‘‘ photo mentale ’’ ; celle qui dépeint la réalité et peint son prochain. Son prochain, c’est le trimard de Château Rouge, le licheur de Varsovie, ou le dealer de Queensbridge. ‘‘ J’aime rendre des hommages, je ne peux pas peindre sans coup de coeur, même si Jay-z a du talent, je ne le ferai jamais ’’. Slick Rick, Jeru ou encore Krs-one, pour lui c’est du lourd, alors Julien peint et nous offre ‘‘ Hip Hop tributes ’’, une série de portraits de 27 rappeurs américains. Parce que ses autres héros n’ont pas de nom, ils se fondent dans les scènes de vie quotidiennes et donnent un sens au mot ‘‘ rue ’’. Julien voit avec élégance ce que la peinture contemporaine a délaissé : pour ses toiles il utilise les mêmes enduits que ceux des maîtres anciens. Pour sa dernière expo, il voulait apporter sa touche au mouvement hip hop ‘‘ Je suis plutôt casanier, mais quand on aime la peinture et le rap, on est obligé d’aller à New-york ’’. Un vieux rêve : trois mois à récolter des centaines de clichés du Queens, du Bronx ou de Brooklyn pour mieux les exploiter. ‘‘ Je peins mes photos, je n’imagine rien. J’ai rencontré Afrika Bambaataa, Chuck D et Masta Ace. Chaque fois je leur demande de se présenter tels qu’ils sont ’’. Le souci du détail, tout est élément de portrait ; du mégot écrasé sur le pavé à la marque de la casquette. Des hommages acryliques puisés dans la musique ‘‘ C’est un moteur d’inspiration, dès que je peins je lance les watts, que du rap, je suis très fermé en musique ’’. Illmatic en peignant, logique, sa peinture ne l’éloigne pas du monde où il vit. La proximité avant tout, le conformisme après tout, …… et le talent surtout.

Alex Bol
lecumedesroses.com L'écume des roses, pipe, porte cigarette, fume-cigarette en écume de mer

Publié dans Street art

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