Gil Scott-Heron : MC légendaire

Publié le par Orbeat

Même en plein coeur d’une vie jalonnée de tourments, Gil Scott-Heron, soulman avant-gardiste reste sans conteste l’une des références de l’histoire de la musique. Alors que des nouvelles encourageantes sur sa résurrection semblent se profiler à l’horizon, redécouvrons, écoutons, vibrons !

Né en 1949 à Chicago d’une mère bibliothécaire et d’un père footballeur, l’homme malgré ses 60 ans est toujours ici et là. Tour à tour,surnommé ‘‘ le sage ’’, ‘‘ le vautour ’’ ou ‘‘ le messager ’’… D’abord romancier, il passe toute sa jeunesse à jeter sur papier des ébauches d’intrigues policières. Ce sera ensuite la poésie. Des influences qui cristallisent autant Malcolm X, John Coltrane, que Huey Newton(leader des Blacks Panthers). En 1968 il écrit ‘‘The Vulture’’ (Le Vautour) avant son deuxième roman ‘‘ The Nigger Factory ’’. Mais Gil Scott se sent comme étranglé par l’étroitesse de l’écrit. Il veut donner de l’impulsion et de l’amplitude à ses textes en les déclamant sur fond de musique. Sa rencontre avecun autre étudiant Brian Jackson est déterminante. Pianiste et flûtiste chevronné, la rencontre avec Jackson sera bien sûr fondamentale. L’autre rencontre déterminante fut celle avec BobThiele. Celui-ci l’encourage à mélanger poésie et expérimentations musicales. Gil invente le spoken word, un mélange entre fond musical et textes scandés. En 1970 sort ‘‘ Small Talk At 125th and Lenox ’’ dans lequel jazz et soul s’étirent à force de baigner dans des volutes de flûtes complètement psychées. À la même époque que les Last Poets1,Gil Scott-Heron se lance dans une dénonciation féroce de l’attitude des médias vis-à-vis des minorités ethniques. Le rap vient de naître : diatribes conscientes et mobilisatrices. En 1974 il chante ce texte qui le rendra célèbre : The Revolution Will Be Not Televised. Simplement une leçon. Ses textes dépasseront les frontières de l’Amérique pour ricocher sur les murs de l’Afrique du Sud où l’apartheid règne en maître. En 1977 le titre Johannesburg sonne comme le premier succès commercial et international de l’artiste. CIA, crack, soul, jail and soul again ? À la fin des années 70, Brian Jackson ‘‘le flûtiste’’décide de quitter l’aventure. Puis comme pour tout prophète les reproches fusent autour de Gil Scott : son entêtement contre l’administration Reagan, sa victimisation et ses critiques que l’on juge demoins en moins constructives. Il connaît aussi ses premiers déboires avec la justice et apparaît désormais sur la liste noire de la CIA. En 1985 sa maison de disque le débarque. Il faudra attendre 1994 soit près de 10 ans pour que Gil signe l’album ‘‘ Spirit ’’. Un album dans lequel il envoie ‘‘A message To The Messengers’’, directement adressé à une communauté hip-hop prise dans la cacophonie du gangsta rap. Le texte n’aura malheureusement qu’un effet ponctuel puisque 2 ans plus tard le rap enterre ces deux plus grands MCs (2Pac et Notorious Big). Les années sombres pour Gil commencent réellementavec le crack. Et malgré le succès d’estime de l’album ‘‘Ghetto Style’’ en 1998, le sage s’enferme dans un cercle vicieux. En 2001, la mort de sa mère le conduit à une première arrestation. Il est incarcéré pour violence domestique et pour consommation de drogue. Il sort de prison en 2002 et enregistre le titre Blazing Arrow aux côtés de Blackalicious. En 2006 c’est un nouveau revers. Après un nouveau séjour pour possession de drogue il est une nouvelle fois libéré l’année suivante et décide de remonter sur scène. Notamment pour deux concerts au Sob’s de New York. Des prestations saluées par la critique et le public. On espère alors un vrai retour et aux dernières nouvelles Gil Scott serait au travail sur une prochaine sortie d’album ! S’il a la bonne idée d’une nouvelle révolution, une fois de plus elle ne sera sans doute pas télévisée. Alors à vos bacs.

Augustin Legrand

Publié dans Zoom sur

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soulman 29/04/2009 18:46

il est trop fort ce mec. Je suis dingue de ses instrus avec de la flûte. Gil revient, on t'attend!